RAYON LIVRES

Franceska Mikhalska: "Accrochée à la vie. Volhynie, Kazakhstan, Pologne 1923-1951", Les Editions Noir sur Blanc, 2009

Traduit du polonais par Agnès Wisniewski.

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/* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Tableau Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-priority:99; mso-style-qformat:yes; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-para-margin:0cm; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:"Times New Roman","serif";} Franceska Michalska naît en 1923 dans une famille polonaise de Volhynie, région frontière des confins polonais alors sous obédience soviétique. L’univers paisible de la société campagnarde traditionnelle de son enfance où Polonais, juifs et Ukrainiens cohabitent paisiblement depuis des lustres ne tarde pas à se fissurer. Les autorités politiques décident de mettre au pas la région. Par chance, sa famille survit à la grande famine des années 1932-33, provoquée par les autorités politiques pour affaiblir les paysans opposés à la collectivisation de l’agriculture. Puis en juin 1936 vient la déportation. Après un mois d’un voyage très éprouvant, ils se retrouvent dans la steppe désertique du nord du Kazakhstan avec l’ordre de construire rapidement leurs habitations, l’hiver n’étant pas loin et les températures glaciales. Des habitations sommaires sont édifiées avec les rares moyens locaux, un semblant de vie en société s’organise malgré l’isolement, les privations et les maladies, et la solidarité subsiste.

C’est en 1941, en pleine guerre, que l’auteur décide d’entreprendre des études de médecine en principe interdites aux déportés. À l’issue d’un véritable parcours du combattant et d’un marathon bureaucratique inouï qui l’entraîne d’Alma-Ata, par Kharkov et Czernowitz jusqu’à Wrocław, elle arrive à ses fins. D’abord infirmière, puis sage-femme, elle a raison des obstacles grâce à sa pugnacité et sa capacité à survivre aux pires difficultés. Se nourrissant au mieux de pain séché mélangé à de l’eau, souffrant du froid et de la peur, elle survit grâce à des rencontres inattendues avec des êtres humains bienveillants. Toutes ces épreuves n’entament pas sa foi en l’homme.

Ce bref récit autobiographique d’une grande simplicité, rédigé avec une économie de mots certaine, sans aucun effet de style, parvient à nous toucher par sa sincérité et son authenticité. Il s’en tient purement aux faits, sans porter le moindre jugement.

Ce témoignage éclaire un pan peu connu de l’Histoire du XXe siècle et se situe dans la lignée de Soljenitsyne. Au delà des horreurs qu’il relate, c’est aussi et surtout une formidable leçon de volonté et de courage que nous donne l’auteur. Elle a réussi à forcer son destin, à changer la donne, à échapper aux contraintes d’un système coercitif redoutable programmé pour anéantir toute velléité de résistance individuelle. Accrochée à la vie envers et contre tout, elle nous apporte finalement un message d’espoir.

 

Franceska Michalska, pédiatre réputé, aujourd’hui à la retraite, vit en Pologne.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

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