RAYON LIVRES

Chamil Idiatoulline: Ex-rue Lénine. Editions Noir sur Blanc, février 2023. 384 pages • 24 Euros • 32 CHF

Traduit du russe par Emma Lavigne

2019, Tchoupov, petite ville imaginaire de la province russe, est empoisonnée par une décharge où s’entassent les ordures de toute la province. L’air est devenu irrespirable, les habitants vivent calfeutrés, filtrent l’eau, parfument leurs appartements à grand renfort d’eucalyptus, portent des masques pour affronter la pestilence qui a envahi les rues. Tchoupov pue, Tchoupov meurt. Et le maire vient d’être arrêté pour corruption. À la même période, la famille de Lena Mitrofanova vole en éclats. Son mari Daniil la quitte pour s’installer dans l’appartement reçu en héritage ex-rue Lénine. L’ex-rue Lénine, c’est aussi l’ex-vie de Lena.

Peut-il y avoir une vie d’après à Tchoupov ? Daniil, autrefois député, se lance dans la course à la mairie, alors que Lena rallie un groupement citoyen. Idiatoulline affirme qu’en littérature il aime « les récits intéressants et honnêtes qui parlent de nous ici et maintenant ». Son roman Ex-rue Lénine ne fait pas exception : au-delà de la galerie de personnages représentatifs de la société russe, l’auteur brosse le portrait d’une femme quadragénaire qui trouve un sens à sa vie dans un combat altruiste.

Né en 1971 à Oulianovsk, au bord de la Volga, Chamil Idiatoulline a étudié à l’université de Kazan avant de devenir romancier et journaliste. Il travaille pour le grand quotidien russe économique Kommersant. Depuis son premier roman, paru en 2004, Idiatoulline a exploré un grand nombre de genres littéraires (anticipation, utopie, espionnage, fantasy) avant de se tourner vers une forme plus réaliste. La Ville Brejnev, un thriller se déroulant dans l’URSS de 1983, a été récompensé par le prix Bolchaïa Kniga en 2017. Idiatoulline vit aujourd’hui à Moscou.

L'interview exclusive avec l'auteur se trouve ici. 

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

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