L’accent russe | Le blog de Nadia Sikorsky

Des esprits à Art Genève

Aujourd’hui, au centre d’exposition genevois Palexpo, s’ouvre la traditionnelle foire d’art contemporain que je suis depuis sa création en 2012. Cette année toutefois, un stand en particulier retient mon attention : pour la première fois, le Musée Barbier-Mueller participe au projet.

Un musée de la survie

Par décision de l’ONU, le 27 janvier, date de la libération du camp de concentration d’Auschwitz par les troupes soviétiques en 1945, est consacré à la Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de la Shoah. À cette occasion, j’aimerais vous parler du Musée juif de Suisse, à Bâle, que j’ai visité la semaine dernière.

« Affaires de famille »

C’est ainsi que l’on peut traduire le thème du prochain Festival international de musique Yehudi Menuhin de Gstaad, qui se tiendra du 16 juillet au 5 septembre 2026 : Family Matters.

Jonathan Nott et les « enfants »

Le contrat du chef d’orchestre britannique en tant que directeur musical de l’Orchestre de la Suisse romande est arrivé à son terme à la fin de l’année dernière. Mais le voilà déjà de retour à Genève, cette fois comme chef invité, afin de réunir l’OSR et l’Orchestre de la Haute École de musique de Genève.

Découvertes lucernoises

En deux jours passés au festival « Le Piano symphonique », j’ai accumulé autant d’impressions que durant toute une saison. Je les partage avec vous.

Un royaume des ténèbres sans rayon de lumière

Aujourd’hui, les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada mettent en vente le roman de Saсha Filipenko Retour à Ostrog, publié par la maison lausannoise Éditions Noir sur Blanc dans la traduction française de Marina Skalova.

Fascination pour le violon

Du 30 janvier au 7 février, sur la célèbre station alpine suisse de Gstaad, se tiendra pour la 26ᵉ fois le festival international Sommets Musicaux, où chacun trouvera de quoi réjouir son oreille.

« Voyages en Russie absolutiste »

J’ai envie d’ajouter à ce titre « aller simple ». Car l’essai de 850 pages de Jil Silberstein, paru récemment aux Éditions Noir sur Blanc, nous emmène à la triste conclusion qu’il n’y a pas de retour possible de ces voyages.

"A qui la faute" et "Que faire"?

Ces deux questions perçues comme des questions russes éternelles tournent dans ma tête depuis le 24 février 2022, le jour où la Russie, mon pays d’origine, a déclenché la guerre contre l’Ukraine, pays d’origine de trois sur quatre de mes grands-parents. La première a été posée en 1846 par Alexandre Herzen, bien connu en Suisse où il a vécu et obtenu la citoyenneté. La deuxième date de 1863.

Macbeth, ou la Solitude d’un tyran

ll est difficile d’imaginer une œuvre d’art qui correspondrait plus à notre état d’esprit actuel que le chef d’œuvre de Guiseppe Verdi dans la mise-en-scène de Barrie Kosky à l’Opernhaus Zürich bien qu’elle date de 2016.

L’université de Moscou est contre la guerre

Hier, pour la première fois dans ma vie, j’ai pleuré dans un transport public, le bus N 5, pour être précise. C’est un courriel reçu qui m’a fait fondre en larmes. Rassurez-vous, personne de mes proches n’est mort. Bien au contraire, pour ainsi dire, je vous explique.

Les otages et les complices 

Il y a quelques jours, en répondant à la question d’une journaliste de La Tribune de Genève sur la situation en Ukraine, j’ai dit que j’étais convaincue que personne ne veuille la guerre. Que les Russes et les Ukrainiens sont les otages de politiciens motivés par leurs egos hors normes. Que ce qui se passe, est un échec de la diplomatie mondiale. Aujourd’hui, en répondant à la même question, j’aurais apporté une nuance en remplaçant « personne » par « la plupart ».

La Tristitude

C’est le titre de la chanson d’Oldelaf, adorée par mes enfants il y a quelques années. Ce mot n’existe pas dans la langue française mais il reflète parfaitement mon état d’esprit de ces derniers jours : tristesse + incertitude.

Ai Weiwei et ses «1 000 ans de joies et de peines»

L’un des plus grands artistes et activistes contemporains a passé à peine 24 heures en Suisse, mais j’ai eu la chance d’assister à la table ronde avec sa participation organisée par le Musée cantonal des beaux-arts (MCBA), à Lausanne.

« Babi Yar. Contexte »

Aujourd’hui et demain le festival de films indépendants Black Movie présente un documentaire du réalisateur ukrainien Sergei Loznitsa, déjà connu du public genevois grâce à ses « Victory Day » et « Funérailles d’État ».

Le chemin vers l’amnésie collective

La décision de la Cour suprême russe de liquider l’ONG Mémorial International, annoncée le 28 décembre, suivie le lendemain par l’ordonnance de dissolution de son Centre des droits humains, m’a bien distraite des préparations festives… Je vous ai déjà raconté le début de cette sordide histoire il y a quelques semaines, à l’occasion de l’attribution du Prix Jan Michalski à l’ouvrage collectif des quatre auteurs du Mémorial International. Et voici la fin.

La mémoire pour seul et unique document

Le Prix de littérature Jan Michalski 2021 a été décerné, hier, au  Memorial International et à ses chercheurs :  Alena Kozlova, Nikolai Mikhailov, Irina Ostrovskaya et Irina Scherbakova pour leur ouvrage collectif Знак не сотрется. Судьбы остарбайтеров в письмах, воспоминаниях и устных рассказах (Мемориал, 2016), traduit du russe en anglais par Georgia Thomson, sous le titre OST: Letters, Memoirs and Stories from Ostarbeiter in Nazi Germany (Granta, 2021).

Prochain arrêt : New York, Ukraine

Dans quelques jours les États-Unis ouvriront leurs frontières aux Européens vaccinés. OK ! mais ce n’est pas à l’Ouest que je veux vous emmener aujourd’hui en suivant ce guide inattendu qui correspond si parfaitement à cette ville aussi inattendue qu’il décrit en texte et en photos (« New York, Ukraine. Guide d’une ville inattendue », paru aux Éditions Noir sur Blanc et disponible en librairie dès aujourd’hui).

Le journaliste, ce guerrier pacifique

La seule et brève mention de l’attribution du Prix Nobel de la Paix au journaliste russe Dmitri Mouratov a provoqué une avalanche de « likes » sur la page Facebook de Nasha Gazeta, ainsi qu’un vif échange d’opinions.

L’âme russe de Goya

L’exposition que la Fondation Beyeler à Bâle consacre, dès aujourd'hui, à Francisco Goya à l’occasion du 275e anniversaire de sa naissance est remarquable avant tout de par le côté rarissime de l’événement. Les Suisses n’ont eu que deux fois durant le siècle dernier l’occasion d’admirer les créations de ce natif de Fuendetodos, près de Saragosse. La première, pendant la Guerre civile en Espagne, quand, avec d’autres chefs-d’œuvre du Museo national del Prado, elles ont été exposées au Musée d’Art et d’Histoire de Genève, en 1939.

« Pour la galerie. Mode et portrait »

Le Musée d’Art et d’Histoire de Genève est (en permanence sens dessus dessous depuis des années). Une récente série d’articles dans Le Temps nous invitait à découvrir les coulisses de cette prestigieuse institution genevoise. Les coulisses qui n’ont rien de l’image de sa façade majestueuse.

« Guerre et Paix ». Après la première

Spectaculaire et pas ennuyeux du tout, voici nos principales impressions de l’œuvre colossale de Serguei Prokofiev présentée au Grand Théâtre de Genève (GTG) dans la mise en scène de l’espagnol Calixto Bieito.

Le sonneur d’alarme perpétuel

Les événements commémoratifs ou « à la mémoire de » sont souvent ennuyeux : pas toujours sincères, les éloges se succèdent et, pas toujours convaincant, le portrait d’un saint/d’une sainte nous est dévoilé.  Rien de tout ce rituel ne s’est déroulé à la Fondation Jan Michalski le 22 août.

Vivre dans le mensonge

Le Scène Vagabonde Festival présente les « Trahisons » d'Harold Pinter dans la mise en scène de Valentin Rossier. Ma première rencontre avec lui n’avait rien d’un coup de foudre – en 2010, j’avais peu apprécié sa version de « Platonov » d’Anton Tchekhov au Théâtre de Carouge. Néanmoins, attirée par le titre bien connu sur l’affiche, je suis allée au parc Trembley, où se déroule, jusqu’au 25 septembre, Le Scène Vagabonde Festival. Et je ne l’ai pas regretté.

Gouzel Iakhina et ses « enfants »

La parution aux Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, du roman Les Enfants de la Volga nous a donné l’occasion de nous entretenir une nouvelle fois avec la célèbre écrivaine russe, à qui nous avons posé treize questions. Traduit par Maud Mabillard, le livre sera disponible dans les librairies suisses dès demain, 19 août 2021.

Le roman de l’amour et de la peur

Rarissimes, ces dernières années, sont les livres qui m’ont autant impressionnée que « Zouleikha ouvre les yeux ». Je l’ai dévoré en 24 heures, je n’arrivais pas à le lâcher. Dès sa parution en Russie en 2015, ce premier roman de Gouzel Iakhina est devenu un best-seller.  Il a reçu tous les prix les plus prestigieux et a été même traduit en plus de trente langues.

Le sommet russo-américain à Genève : constructif mais sans illusions

Être accréditée au sommet russo-américain c’est « super cool », comme dit mon fils. Même si on ne s’attend pas à de grandes décisions – le refus de deux présidents de tenir une conférence de presse commune et de sortir un communiqué commun annonçait assez clairement la couleur. Je doute qu’on parlera encore de cette rencontre dans 35 ans, comme on parle de celle entre les présidents Gorbatchev et Reagan, en 1985.

« Désenchanté mais pas désespéré »

Prononcés par Amin Maalouf à l’ouverture du Festival Bibliotopia à la Fondation Jan Michalski, ces mots reflètent bien, à mon avis, le sentiment général des écrivains de diverses origines qui se sont réunis dans ce lieu magique pour un weekend littéraire.

Friedrich Dürrenmatt s’en va à l’Est

Dans la littérature russe on distingue deux périodes majeures : l’Âge d’or (celui du XIXe siècle, couvrant  à peu près l’œuvre  de Pouchkine à Tchekhov) et l’Âge d’argent – plus court, concernant surtout la poésie du premier tiers du XXe : Goumilev, Akhmatova, Tsvetaïeva, Mandelstam, Blok et tant d’autres… Étonnement, en Russie, alors qu’il y tant de « maisons-musées » vouées à divers écrivains, il n’y a pas de musée de la littérature de l’Âge d’argent,

Frédéric Pajak : « Servir le Verbe originel »

La cérémonie des remises des Prix suisses de littérature aurait dû avoir lieu aujourd’hui, à Soleure. Elle a été annulée pour des raisons que vous pouvez bien imaginer. Mais j’ai déjà prévu, bien en avance, une interview avec Frédéric Pajak, lauréat du Grand Prix suisse de littérature 2021 pour l’ensemble de son œuvre.

Ces manuscrits qui ne brûlent pas

Avant de devenir journaliste je voulais être actrice. Le programme que j’ai préparé pour l’examen d’entrée dans un prestigieuse école d’art dramatique à Moscou devait comprendre, en plus des fables et poèmes, un texte en prose. J’ai choisi la « Lettre d’une inconnue » de Stefan Zweig que j’ai apprise par cœur, 22 pages, en russe. Avant de passer l’examen officiel, mon grand-père m’avait organisé une audition chez une célèbre actrice. J’ai commencé à déclamer.

Nos vies et la "cancel culture"

Le présentateur Darius Rochebin, ex-vedette de la télévision suisse, connu en Russie seulement grâce à son interview de Vladimir Poutine, en 2015, reviendra dès lundi prochain sur la chaîne française LCI. Vous le savez, il y anime, depuis l’automne 2020, une émission « Le 20 Heures de Darius Rochebin ».

Boris Pasternak dans le cosmos

Noël est passé, Pâques se fait attendre, mais les miracles se produisent même dans les périodes les moins propices. J’en veux pour preuve cette possibilité de poser une question depuis mon bureau genevois, à une personne dans l’espace et de recevoir une réponse instantanée. Mon métier de journaliste m’avait amenée dans les endroits les plus improbables : j’ai passé une journée au sein de l’armée suisse, une autre dans une abbaye ou encore dans une prison pour mineurs, j’ai survolé le canton de Vaud à bord d’un ULM. Mais une communication spatiale, ça c’était une première !

« Mort aux juifs …»

On attribue le copyright de l’abject slogan, qui, en russe, se lit au complet comme « Mort aux juifs, pour sauver la Russie », aux membres des Cent-Noirs (ou Centurie noire), un mouvement nationaliste et monarchiste d'extrême-droite apparu dans l'Empire russe pendant la révolution de 1905, ou à Nestor Makhno, fondateur de l'Armée révolutionnaire insurrectionnelle ukrainienne qui, après la révolution d'Octobre et jusqu'en 1921, combattait à la fois les Armées blanches tsaristes et l'Armée rouge bolchévique.

Les limites de la neutralité

Dès la création, en 2007, de Nasha Gazeta, je me suis imposée une règle : de ne pas couvrir l’actualité russe ou toute autre du vaste espace postsoviétique, sauf en cas de lien avec la Suisse. J’étais loin d’imaginer, à l’époque, que ces liens, historiques, politiques et culturels, seraient si variés et si nombreux à faire vibrer mes lecteurs. Fidèle à cette règle, je me suis abstenue d’écrire un seul mot dans mon journal à propos de l’opposant russe Alexeï Navalny – jusqu’au 23 janvier. C’est à cette date justement que des manifestations à son soutien se déroulèrent en Suisse.

« Le Roman de Londres », bien russe

Arrivée à certain âge, il est rare de faire des découvertes positives mais alors combien sont-elles plus agréables ! Parmi les dernières du genre, citons le roman de l’écrivain serbe Miloš Tsernianski, réédité par Les Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, presque trente ans après la première parution en français, due au feu Vladimir Dimitrijevic, dans la traduction de Vladimir Popović ?

 « Que la noble fureur se déchaîne » ? 

Ce sont-là les paroles du chant Sviachtchennaïa Voïna, ou « Guerre sacrée », l'un des plus célèbres chants de la Grande Guerre patriotique (1941-1945) en Union soviétique. Écrites par le poète Vassili Lebedev-Koumatch, ces paroles ont été publiées le 24 juin 1941 par les journaux Krasnaïa Zvezda et Izvestia, soit à peine deux jours après l'attaque allemande.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, accueille une excellente exposition organisée par le musée Rodin de Paris, sous le patronage du président de la Confédération suisse, Guy Parmelin. Ne la manquez pas !

C'est ainsi que l'on entend aujourd'hui le nom de l'artiste María Sol Escobar (1930-2016), à qui le plus grand musée de Suisse consacre actuellement sa première rétrospective européenne. L'exposition est organisée en collaboration avec le Louisiana Museum of Modern Art, au Danemark, et le Buffalo AKG Art Museum, aux États-Unis.

Qui n’a jamais rêvé d’avoir un compte dans une banque suisse ? Pourtant, même parmi les heureux détenteurs d’un tel compte, peu savent comment ce petit pays alpin est devenu l’un des principaux centres financiers du monde. Les plus curieux trouveront actuellement au Musée national suisse de Zurich une exposition qui vaut le détour.