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Olga Tokarczuk: Les Livres de Jakób- Editions Noir sur Blanc, 2018

Traduit du polonais par Maryla Laurent. Prix Transfuge du meilleur roman européen 2018. Prix Jan Michalski 2018.

Hérétique, schismatique, Juif converti à l’islam puis au christianisme, libertin, hors-la-loi, tour à tour misérable et richissime, vertueux et abominable, Jakób Frank a traversé l’Europe des Lumières comme la mèche allumée d’un baril de poudre. De là à se prendre pour le Messie, il n’y avait qu’un pas – et il le franchit allègrement. Le dessein de cet homme était pourtant des plus simples : il voulait que ceux de son peuple puissent, eux aussi, connaître la sécurité et le respect d’autrui. Il voulait l’égalité.

La vie de ce personnage historique, qui fut considéré comme le Luther du monde juif, est tellement stupéfiante qu’elle semble imaginaire. Un critique polonais, saluant la réussite absolue de ce roman de mille pages, dit qu’il a fallu à Olga Tokarczuk une « folie méthodique » pour l’écrire.

On y retrouve les tragédies du temps, les guerres, les pogroms et la ségrégation, mais on y goûte aussi les merveilles de la vie quotidienne : les marchés, les cuisines, les petits métiers, les routes incertaines et les champs où l’on peine, l’étude des mystères et des textes sacrés, les histoires qu’on raconte aux petits enfants, les mariages où l’on danse, les rires et les premiers baisers.

Ainsi que le dit le père Chmielowski, l’autre grand personnage de ce roman, auteur naïf et admirable de la première encyclopédie polonaise, la littérature est une forme de savoir, elle est « la perfection des formes imprécises ».

Olga Tokarczuk a reçu le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt) pour Les Pérégrins, en 2007, et une nouvelle fois, ce qui est rarissime, pour Les Livres de Jakób. Née en 1962, elle a étudié la psychologie à l’Université de Varsovie. Romancière la plus célèbre de sa génération, écrivain polonaise la plus vendue dans le monde, elle est reconnue à la fois par la critique et par le public. Cinq de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001) ; Récits ultimes, Les Pérégrins et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2007, 2010 et 2012).

About the author

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky was born and raised in Moscow. She graduated from the Faculty of Journalism at Moscow State University and went on to complete her postgraduate studies there, earning a PhD in History. She spent 13 years at UNESCO, first in Paris and then in Geneva. After serving as Director of Communications at Green Cross International, founded by Mikhail Gorbachev, she launched NashaGazeta.ch in 2007, Switzerland’s first Russian-language online daily newspaper.

In 2022, Nadia Sikorsky was named to Le Temps’ Forum des 100, which brings together individuals who, in the newspaper’s view, have “significantly contributed to the success of French-speaking Switzerland”, from across public life, business, politics, science and culture.

After 18 years at the helm of NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky decided to devote herself to what had always held a special place in her work as a journalist: culture in all its diversity. This led to the creation of Russian Accent, a trilingual cultural blog in Russian, French and English, born in the heart of Europe, in Switzerland, which has become her second home and whose multiculturalism and multilingualism have helped shape the character of this new project.

At the heart of the project is the perspective of a European of Russian origin, drawing on more than 35 years of professional experience and a deep knowledge of both cultural traditions. Nadia Sikorsky sees her role as that of a cultural mediator between the two. The title of the blog, Russian Accent, reflects this idea: the accent is neither a linguistic barrier nor a political position, but a distinctive cultural imprint within a European context.

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A new book by the Geneva-based Slavist Jean-Philippe Jaccard and his Russian colleague Andrei Ustinov, now living in San Francisco, has been published by the European University at St Petersburg: Vzir Zaumi. Daniil Harms and the Literary Avant-Garde of the 1920s. In the authors' own words, the volume offers a kind of X-ray of Leningrad's "left-wing " circles and their evolution during the period between Harms's poetic debut and the creation of OBERIU, as well as the dynamics that shaped those circles.

A few days ago, the Lausanne-based publisher Éditions Noir sur Blanc brought out Guzel Yakhina’s novel about the celebrated Soviet film director Sergei Eisenstein. French readers will be able to read it in Maud Mabillard’s translation and, importantly, in full, including the ninth chapter omitted from the Russian edition.