RAYON LIVRES

Dominique de Rivaz et Dmitri Leltschuk : Les hommes de sable de Choïna, Editions Noir sur Blanc, 2013

Collection  « beau livre ». Ouvrage de photographies bilingue français-allemand. Traductions de Chantal Le Brun et Marie Catherine Theiler.

Dominique de Rivaz décide de partir à Choïna, un hameau de 300 habitants dans le Grand Nord russe, en découvrant les photographies de Dmitri Leltschuk. Ce village sur les rives de la mer Blanche, qui était l’un des plus importants ports de pêche de l’Union soviétique, est aujourd’hui envahi par le sable. La pêche intensive a détruit les fonds marins, qui constituaient une barrière naturelle. Les habitants tentent de sauver leur village, en déblayant quotidiennement le dépôt de la mer et du vent.

Les deux photographes, fascinés par ces lieux reculés, oubliés du monde, y ont passé de longues périodes. Leurs images se font écho au fil de l’ouvrage. La lumière particulière du Nord baigne leurs photographies d’enfants ou de vieillards, d’épaves rouillées sur les plages, de l’avion hebdomadaire qui les relie à la Russie, du phare fermé depuis peu par décret officiel. Des textes sur le passé de Choïna et sur la vie quotidienne de ses habitants viennent compléter le dialogue entre les deux photographes. Pour Dominique de Rivaz, Choïna se révèle comme un lieu métaphorique de son espace intérieur, propice au deuil et à la mémoire, un lieu où explorer les confins de la vie.

Écrivain, cinéaste et photographe née en 1953, Dominique de Rivaz vit entre Berne et Berlin. Assistante de réalisation d’Alain Tanner notamment, elle a collaboré pendant dix ans au Festival international de films de Fribourg. Son film Mein Name ist Bach a reçu le prix du Cinéma suisse pour le meilleur long métrage de fiction en 2004 ; Luftbusiness, le prix du Cinéma suisse 2009 pour la meilleure interprétation masculine. Elle a écrit trois romans : Douchinka (L’Aire, Prix Schiller Découverte 2009) ; La Poussette (Buchet/Chastel, 2010) et Rose Envy (Zoé, 2012), nominé pour le prix Wepler. Elle est aussi l’auteur d’un livre de photographies sur le mur de Berlin : Sans début ni fin – Le chemin du mur de Berlin (Noir sur Blanc, 2010).
Dmitri Leltschuk, photographe biélorusse, vit aujourd’hui en Allemagne. Il est l’auteur de nombreuses expositions.

Интервью с авторами можно прочитать здесь.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Il y a quelques jours, les Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, ont publié le roman que l’écrivaine russe Gouzel Iakhina consacre au célèbre réalisateur soviétique Sergueï Eisenstein. Les lecteurs francophones le découvriront dans la traduction de Maud Mabillard et dans sa version intégrale, avec le neuvième chapitre inédit en Russie.

En 2025, l’UNESCO a reconnu la valeur universelle du patrimoine de la célèbre voyageuse suisse Ella Maillart (1903–1997) et inscrit ses archives au registre Mémoire du monde. C’est à cet événement qu’est consacrée une exposition au musée lausannois Photo Elysée, où l’« accent russe » est bien présent.

Les Éditions de l’Université européenne de Saint-Pétersbourg viennent de publier un ouvrage du slaviste genevois Jean-Philippe Jaccard et de son collègue russe Andreï Oustinov, aujourd’hui installé à San Francisco : Vzir zaoumi. Daniil Harms et l’avant-garde littéraire russe des années 1920.