RAYON LIVRES

Père Pavel Florensky. Lettres de Solovki. 1934-1937. 748 pages. L’Age d’Homme. Lausanne-Paris. Nov. 2012

Collection Classiques slaves. Traduit du russe et présenté par Françoise Lhoest.

Pavel (Paul) Alexandrovitch Florensky (1882-1937) était un théologien orthodoxe russe, philosophe, mathématicien, inventeur et néomartyr. Il fut parfois comparé par ses contemporains, du fait de l’étendue des domaines auxquels il s’intéressait et dans lesquels il excellait, à Léonard de Vinci. Arrêté en 1933 et condamné à dix ans de goulag, il fut exécuté au camp de Solovki en 1937.

«Quand j’avais ton âge − écrit Florensky (lettre no 77) à son fils Mikhaïl âgé de quinze ans − chaque minute perdue me semblait un malheur ou un crime et j’essayais de remplir mon temps au maximum. J’avais des cahiers où je notais tout l’essentiel de mes lectures et  mes réflexions sur les livres, des cahiers de citations intéressantes, des albums de croquis d’après nature, des cahiers d’expériences, des carnets pour les observations sur le terrain (...)

C’est ainsi que j’ai acquis un bagage de connaissances, des aptitudes pratiques et surtout l’habitude de juger par moi-même en fonction de ce que j’avais observé. Les données que je récoltais, je tâchais de les confronter et d’en faire des synthèses sous forme de tableaux, de diagrammes, de cubes ... »

Envers et contre tout, au goulag des îles Solovki, Florensky ne manque pas une occasion de faire de même, comme on le voit par toute  sa correspondance, lui qui avait cherché à faire de sa vie une œuvre d’art, trouve la beauté partout où la nature sauvage n’a pas été abîmée par la main de l’homme, surtout de l’homme du goulag. C’est cette beauté qui lui donne la force de vivre et d’insuffler de l’optimisme et des perspectives scientifiques et culturelles aux siens, à sa famille et aussi à ses codétenus.

Aussi paru chez L'Age d'Homme:

Père Paul Florenski. La Colonne et le Fondement de la Vérité, essai d’une théodicée orthodoxe en douze lettres.  Traduit du russe par Constantin Andronikof. L’Age d’Homme. 1975.

Lisez ici l'article du professeur Georges Nivat à ce sujet.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, accueille une excellente exposition organisée par le musée Rodin de Paris, sous le patronage du président de la Confédération suisse, Guy Parmelin. Ne la manquez pas !

C'est ainsi que l'on entend aujourd'hui le nom de l'artiste María Sol Escobar (1930-2016), à qui le plus grand musée de Suisse consacre actuellement sa première rétrospective européenne. L'exposition est organisée en collaboration avec le Louisiana Museum of Modern Art, au Danemark, et le Buffalo AKG Art Museum, aux États-Unis.

Qui n’a jamais rêvé d’avoir un compte dans une banque suisse ? Pourtant, même parmi les heureux détenteurs d’un tel compte, peu savent comment ce petit pays alpin est devenu l’un des principaux centres financiers du monde. Les plus curieux trouveront actuellement au Musée national suisse de Zurich une exposition qui vaut le détour.