Rodin selon Rilke

30.06.2026
Photo © N. Sikorsky

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, accueille une excellente exposition organisée par le musée Rodin de Paris, sous le patronage du président de la Confédération suisse, Guy Parmelin. Ne la manquez pas !

Avant d’aller plus loin, permettez-moi une brève parenthèse plus personnelle. En novembre 1989, je suis venue pour la première fois à Paris afin d’y rédiger mon mémoire de diplôme. Ma bourse était si modeste que même la cafétéria de l’UNESCO, où j’effectuais mon stage, était hors de ma portée. Alors, quand mes collègues partaient déjeuner, j’allais marcher dans la ville. Au moins deux fois par semaine, je m’achetais un sandwich avant de prendre le chemin du musée Rodin, rue de Varenne. J’ai acheté deux ou trois fois un billet pour le musée lui-même, puis je me suis contentée du jardin. Je ne sais pas comment les choses se passent aujourd’hui, mais à l’époque l’entrée en était gratuite, ou presque : on pouvait lire un livre sur un banc, se promener, admirer les sculptures et imaginer qui avait foulé ces allées avant vous.

Et quelles personnalités ont arpenté ces allées ! L’hôtel particulier où Auguste Rodin (1840-1917) a travaillé est connu sous le nom d’Hôtel Biron, même si le célèbre maréchal de France s’est contenté de l’acheter à la veuve de son premier propriétaire, le financier Abraham Peyrenc de Moras, pour lequel il avait été construit entre 1727 et 1732 par l’architecte du roi Jean Aubert. Tout le monde ne se souvient pas qu’en 1810-1811, l’Hôtel Biron a été loué pour l’ambassade de Russie, dirigée par le prince Alexandre Borissovitch Kourakine (1752-1818), et que ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’il est devenu une sorte de colonie d’artistes et de gens de scène, où Auguste Rodin et Henri Matisse louaient des ateliers pour une somme symbolique, où Isadora Duncan répétait, et où passaient bien d’autres personnalités exceptionnelles. (Pour les Russes, la danseuse américaine Isadora Duncan restera toujours indissociable du poète Sergueï Essénine.)

Rainer Maria Rilke y est lui aussi venu à plusieurs reprises. Né à Prague en 1875, ce grand poète, qui écrivait non seulement en allemand, mais aussi en français et même un peu en russe, s’est installé en Suisse le 28 juin 1921. Il y est mort d’une leucémie le 29 décembre 1926, à la clinique de Valmont, dans le canton de Vaud. Cette année marque donc un triste anniversaire, auquel l’exposition est liée.

Rainer Maria Rilke et Auguste Rodin devant le péristyle du Pavillon de l’Alma à Meudon, 1906. © musée Rodin, Paris

En 2017, lorsque je racontais le projet international de recherche et d’exposition Rilke et la Russie, réalisé par le Deutsches Literaturarchiv Marbach, le Musée littéraire d’État de Moscou et les Archives littéraires suisses, je rappelais les relations tout à fait particulières de Rilke avec mon pays natal : la Russie le fascinait ! Lors de son premier voyage, en 1899, Rilke a rencontré Léon Tolstoï dans son domaine de Iasnaïa Poliana, a posé pour Leonid Pasternak, père du futur auteur du Docteur Jivago, a rencontré les peintres Viktor Vasnetsov et Ilia Répine, ainsi que le sculpteur Paolo Troubetzkoy… De retour en Europe, il s’est mis à promouvoir l’art russe, à écrire des articles sur la peinture russe et à traduire des œuvres d’auteurs russes, notamment le célèbre poème de Mikhaïl Lermontov Ich trete allein auf die Straße (Je m'en vais seul sur la grand-route). Sa vaste correspondance avec Boris Pasternak, qui lui a dédié sa prose autobiographique Le Sauf-conduit, nous est parvenue, de même que celle avec Marina Tsvetaïeva, qui lui a écrit peu avant la mort du poète : « Vous n’êtes pas mon poète le plus aimé (le plus aimé relève du degré). Vous êtes un phénomène de la nature, qui ne peut pas être mien et que l’on n’aime pas, mais que l’on ressent de tout son être ; ou bien (ce n’est pas encore tout !) vous êtes le cinquième élément incarné : la poésie elle-même, ou bien (ce n’est toujours pas tout !) vous êtes ce dont naît la poésie… » (Vous trouverez le texte intégral et exact dans Correspondance à trois. Boris Pasternak, Rainer Maris Rilke, Marina Tsvétaïéva (Eté 1926). Gallimard)

Vous imaginez donc l’émotion qui m’a saisie lorsque j’ai appris l’existence de cette exposition à la Fondation Pierre Gianadda, où Rodin était déjà « venu » plusieurs fois, mais jamais encore en compagnie de Rilke. Il est difficile d’imaginer que le poète, si fasciné par la culture russe, n’ait pas partagé ses enthousiasmes avec son ami plus âgé et profondément respecté.

Auguste Rodin. L’Âge d’airain (moyen modèle), 1903-1904. Bronze. © musée Rodin, Paris. Photo © N. Sikorsky

J’ai eu la chance de voir l’exposition un peu avant son ouverture officielle, d’écouter les explications passionnantes de sa commissaire, Véronique Mattiussi, cheffe du service de la recherche au musée Rodin, et d’apprendre des détails qui m’étaient jusque-là inconnus. J’ai appris, par exemple, que lorsque Rodin a présenté pour la première fois à Bruxelles, en 1877, la figure qui allait devenir L’Âge d’airain, son naturalisme a paru si convaincant que le sculpteur a été accusé de moulage sur nature : comme s’il n’avait pas modelé le corps, mais pris une empreinte sur un modèle vivant. L’accusation était pourtant infondée. Son modèle était bien le soldat belge Auguste Neyt, mais Rodin a modelé la figure d’après nature au lieu de prendre un moulage de son corps. Le scandale, toutefois, n’a pas nui à Rodin. Bien au contraire : c’est cet épisode qui l’a pour la première fois porté à l’attention du grand public. Mais j’anticipe.

Rodin et Rilke se sont rencontrés en septembre 1902. La raison immédiate de cette rencontre était un projet de monographie consacrée à Rodin, alors au sommet de sa gloire. Le jeune poète avait accepté de l’écrire à la demande d’un éditeur allemand et peut-être aussi sous l’influence de son épouse, Clara Westhoff. Elle aussi était sculptrice et avait fréquenté en 1900 le très éphémère Institut Rodin. Les deux grands talents se sont immédiatement plu, et un lien singulier s’est vite noué entre eux. Quelques années plus tard, Rodin a installé Rilke chez lui, à Meudon, lui a confié un petit pavillon pour travailler et lui a donné quelques tâches de secrétariat. C’était une manière délicate d’apporter un soutien matériel à un ami alors en situation difficile.

Rainer Maria Rilke. Die Kunst. Auguste Rodin (exemplaire n° 1), 1903. © musée Rodin, Paris. © agence photographique du musée Rodin – Jérôme Manoukian

Mais avant cela, en mars 1903, la fameuse monographie avait été publiée et était devenue un véritable hymne au génie de Rodin. Elle s’est vite imposée comme un ouvrage de référence consacré au sculpteur et demeure aujourd’hui encore l’un des livres sur lui les plus traduits au monde. Une édition largement augmentée est paru en 1907 : Rilke a remanié le texte et ajouté une seconde partie, Der zweite Teil. Cette édition n’a paru en français qu’en 1928, alors que son auteur comme son sujet n’étaient plus de ce monde. Un exemplaire de l’édition de 1907, portant cette dédicace, dit assez combien Rilke souffrait à l’idée que Rodin ne pourrait pas lire son livre : « À mon grand ami Auguste Rodin. Mes meilleurs efforts sont enfermés dans une langue qui n’est pas la vôtre. Je vous donne ce livre que vous ne lirez jamais. En y inscrivant votre nom glorieux, j’exprime ma reconnaissance pour mon éducation vers un travail intense et sincère que je dois à votre exemple. Rainer Maria Rilke. Paris (à notre beau palais rue de Varenne), 16 novembre 1908. »

Photo © N. Sikorsky

La Fondation Pierre Gianadda invite ainsi le visiteur à découvrir les œuvres de Rodin à travers les textes de Rilke. L’idée est magnifique. Le seul inconvénient est que les citations reproduites sur les murs sont difficiles à lire : des lettres noires sur fond bordeaux ne leur rendent pas service. C’est toutefois à peu près le seul reproche que l’on puisse adresser à cette exposition par ailleurs passionnante, qui s’ouvre sur une photographie de Rodin et Rilke prise à Meudon en 1906. Au centre de l’exposition, dans l’atrium de la Fondation, trône le monumental Penseur en plâtre (1903), l’œuvre la plus célèbre et la plus reconnaissable de Rodin. La sculpture était initialement destinée à occuper la partie supérieure centrale de La Porte de l’Enfer.

Auguste Rodin. Le Penseur, 1903. Plâtre. © musée Rodin, Paris. Photo © N. Sikorsky

Oui, Rilke est, en quelque sorte, notre guide dans l’exposition. Mais il n’est pas le seul écrivain présent ici : il est impossible d’imaginer l’art de Rodin sans Dante ni Baudelaire. Et remarquez ceci : au-dessus de La Porte de l’Enfer de Rodin, il n’y a pas la célèbre inscription dantesque « Vous qui entrez, laissez toute espérance », connue de tout Soviétique cultivé grâce à la splendide traduction russe de la Divine Comédie par Mikhaïl Lozinski. Les mots sont remplacés par les Trois Ombres, qui désignent du geste une inscription invisible au spectateur, mais clairement sous-entendue. C’est ainsi que naît un véritable dialogue entre littérature et sculpture : les mots disparaissent, mais la forme plastique en reprend la fonction.

Rodin lui-même parlait de son personnage comme d’un homme méditatif face aux tourments de l’âme humaine. Il faut le reconnaître : c’est sobre, et assez prosaïque. Voici, en revanche, comment le poète Rilke voyait cette sculpture : « Dans la pièce calme et fermée, est placée la silhouette du Penseur, de l’homme qui voit toute la grandeur et toutes les horreurs de cette comédie, parce qu’il pense. Il est assis, perdu dans ses pensées et muet, lourd d’images et d’idées, et toute sa force (qui est la force de quelqu’un qui agit) pense. Tout son corps s’est transformé en crâne, et tout le sang qui circule dans ses veines en cerveau. »

Quelle vision vous parle davantage ?

Auguste Rodin. Tympan de La Porte de l’Enfer, 1888-1889. Plâtre. © musée Rodin, Paris. © agence photographique du musée Rodin – Jérôme Manoukian

Le Penseur n’est pas la seule référence à la Divine Comédie dans l’exposition. La pièce maîtresse de la section suivante est Le Baiser, consacré à l’amour tragique de Paolo Malatesta et Francesca da Rimini, les amants du deuxième cercle de l’Enfer de Dante. Oui, ils seront damnés et précipités en enfer, mais cela viendra plus tard. Rodin saisit les amants au moment même où ils s’abandonnent l’un à l’autre, ce que Rilke décrit ainsi : « Le charme du grand groupe de la jeune fille et de l’homme appelé Le baiser réside dans cette répartition sage et équitable de la vie ; on a le sentiment qu’ici, à tous les points de contact, pénètrent dans les corps des ondes, des frissons de beauté, de pressentiment et de force. De là vient que l’on croit voir la félicité de ce baiser partout sur ces corps ; il est comme un soleil qui se lève, et sa lumière est partout. »

Il est curieux que Rodin et Tchaïkovski se soient tournés vers ce sujet à seulement neuf ans d’intervalle. Rodin crée Le Baiser comme un épisode de La Porte de l’Enfer en 1885, tandis que Tchaïkovski compose sa fantaisie symphonique Francesca da Rimini en 1876. Tous deux puisent directement dans le chant V de l’Enfer de Dante, mais l’abordent très différemment : Rodin saisit les amants au moment même de leur bonheur, tandis que Tchaïkovski nous donne le tourbillon inexorable du destin qui détruit leur amour. Sergueï Rachmaninov s’est lui aussi laissé fasciner par l’histoire tragique des amants : en 1906, il compose l’opéra en un acte Francesca da Rimini, sur un livret de Modeste Tchaïkovski, frère de Piotr Ilitch. La partition est d’une force extraordinaire, mais l’opéra est rarement monté. Je me permets donc d’anticiper un peu : la saison prochaine, vous pourrez l’entendre à l’Opéra de Zurich.

Auguste Rodin. Le Baiser, 1885. Plâtre teinté. © musée Rodin, Paris. Photo © N. Sikorsky

Ce qu’il y a de plus envoûtant dans les sculptures de Rodin, ce sont bien sûr ces corps d’hommes et de femmes languides, détendus, incroyablement sensuels — sensuels, j’insiste, et non pas sexy ! — souvent représentés dans des poses complexes : silhouettes courbées ou tendues vers le haut, traversées de lignes souples et sinueuses. La Toilette de Vénus à elle seule donne le vertige !

Auguste Rodin. La Toilette de Vénus, avant 1888. Plâtre. © musée Rodin, Paris. © agence photographique du musée Rodin – Pauline Hisbacq

Impossible de passer devant Je suis belle sans s’y arrêter un instant. Son titre est emprunté au premier vers du poème de Charles Baudelaire La Beauté, dans Les Fleurs du mal : « Je suis belle, ô mortels, comme un rêve de pierre... » Ce vers est gravé sur le socle de certaines fontes en bronze. (En russe, c’est Valéri Brioussov qui l’avait traduit.) L’image même du « rêve de pierre » semble saisir avec une extraordinaire précision la plastique de Rodin. Ne manquez pas non plus la vitrine voisine : elle contient l’édition parisienne de 1918 de Vingt-sept poèmes des Fleurs du mal, illustrée par Auguste Rodin.

Auguste Rodin. Je suis belle, 1882. Plâtre. © musée Rodin, Paris. © musée Rodin – photo Cristian Baraja

J’ai été très touchée par le petit pied élégant, délicat, manifestement jamais effleuré par une râpe à pédicure, dans la sculpture La Mort d’Athènes. La figure féminine nue, étendue sur un fragment de colonne antique, ne représente pas une personne particulière, mais Athènes elle-même, et la mortalité des civilisations les plus grandes. La Mort d’Athènes a été créée par Rodin en plâtre en 1902 ; quelques années plus tard, à la demande de l’industriel allemand August Thyssen, il en a réalisé une version en marbre, aujourd’hui conservée dans la collection Carmen Thyssen et exposée au musée national Thyssen-Bornemisza, à Madrid. Le modèle en plâtre, La Mort d’Athènes, se trouve au musée Rodin à Paris, et c’est bien cette version que Rilke a vue, puisqu’il écrivait sa monographie et ses textes ultérieurs alors que le plâtre existait déjà. « La ville d’Athènes vécut jadis comme une belle femme. La gloire de sa beauté attirait sur elle les regards admiratifs du monde. À présent, elle n’existe plus. Son corps qui se dressait tout droit à l’égal de l’Acropole, est devenu, depuis qu’il est à terre, une montagne dont les contours, où jouent la lumière, vibrent plaintivement en des lignes tristes. Ainsi dort-elle profondément ; … », a-t-il écrit. Une belle endormie. L’Athènes antique a disparu, mais ce petit pied est resté : je l’ai photographié en gros plan pour vous.

Auguste Rodin. La Mort d’Athènes, 1902. Plâtre, détail. © musée Rodin, Paris. © N. Sikorsky

Les mains constituent un thème à part entière dans l’œuvre de Rodin. À la Fondation Pierre Gianadda, une salle entière leur est consacrée, et elles ont inspiré à Rilke ces lignes : « Il y a dans l’œuvre de Rodin des mains, autonomes, de petites mains, qui, sans appartenir à quelque corps que ce soit, sont vivantes. Des mains qui se lèvent, irritées et méchantes, des mains dont les cinq doigts dressés semblent aboyer comme les cinq gueules d’un chien des enfers. Des mains qui marchent, des mains endormies, et des mains qui s’éveillent ; des mains criminelles, atteintes d’un mal héréditaire et celles qui sont fatiguées, qui ne veulent plus rien, qui se sont couchées dans un coin quelconque, comme des animaux malades qui savent que personne ne peut les aider. » Oui, chaque représentation de mains chez Rodin est chargée d’une émotion d’une force incroyable, et chacune semble posséder son propre caractère. Voici les mains tendrement entrelacées des amants ; voici la main fine et nerveuse d’un pianiste ; et voici une grande main crispée. Quelle souffrance a bien pu traverser celui ou celle à qui elle appartenait ?

Auguste Rodin. Main gauche n° 2, dite Main de pianiste. Date non précisée. Plâtre. © musée Rodin, Paris. Photo © N. Sikorsky

Chers amis, l’exposition est ouverte tous les jours jusqu’au 22 novembre ! D’ailleurs, la collection de la Fondation Pierre Gianadda compte aussi ses propres Rodin : pensez à les regarder, en terminant votre visite par une promenade dans le Jardin de sculptures. Peut-être aurez-vous, comme moi autrefois, envie de revenir ici non pour une exposition, mais pour retrouver Rodin, tout simplement.

Auguste Rodin. Mains d’amants, 1904. Marbre. © musée Rodin, Paris. © musée Rodin – photo Cristian Baraja

Commentaires ()

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Philippe Lüscher juillet 01, 2026

Merci pour votre mise en perspective de cette exposition.
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Sikorsky juillet 01, 2026

Avec plaisir
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BERTRAND MONROZIER juillet 03, 2026

Splendide description, très libre, d'une exposition que vous m'avez vraiment envie d'aller visiter, avant Novembre, et du lien étonnant entre Rilke (hypersensible et fragile) et Rodin (la force même, exprimant pourtant cette même hypersensibilité, ou peut etre plutôt hypersensibilité...), avec aussi leurs connexions avec la Russie d'avant. Comme on aimerait que les Russes d'aujourd'hui puissent retrouver le privilège de voyager et de sentir à nouveau de quoi est faite la vraie grandeur de notre Europe de toujours: son infini raffinement. Merci beaucoup pour une description hors normes de cette exposition à voir absolument à Martigny!! BJM (depuis la Drôme, en France -2Juillet26).
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Sikorsky juillet 03, 2026

Merci infiniment pour votre commentaire et les émotions partagées... Je suis ravie de vous retrouver sur cette nouvelle plateforme. Faites-moi signe si vous venez en Suisse, svp :)
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A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe (plus de 35 ans en Europe, passés 25 ans en Suisse) au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel – ceci au niveau international. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

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