RAYON LIVRES

Gouzel Iakhina : Eisen. Éditions Noir sur Blanc, 27 aout 2026

Traduit du russe par Maud Maubillard.

Ses proches le surnommaient Eisen. Sergueï Eisenstein, dont Gouzel Iakhina retrace la vie hors du commun, est sans conteste le plus grand réalisateur de l’époque soviétique. On lui doit des films inoubliables, devenus des classiques par leur puissance formelle, tels Le Cuirassé PotemkineOctobre et Ivan le Terrible. Des chefs-d’œuvre qu’il a conçus et réalisés alors que Joseph Staline était au pouvoir...

Iakhina nous raconte l’histoire d’Eisen à travers la fabrication de chacun de ses films, sur fond de révolution, puis de guerre ; les tournages mobilisant des milliers de figurants, le voyage au Mexique, les réunions avec les fonctionnaires de la culture et l’effroi devant les répressions staliniennes. Génie visionnaire, cachant son homosexualité dans un pays où elle était interdite, Eisenstein avait des relations tumultueuses avec ses contemporains – mais l’époque elle-même n’était que tumulte.

Eisen est un grand roman sur la vie d’un créateur et sur ce qu’il advient de l’art dans un État totalitaire. Eisenstein a obéi au mot d’ordre de la jeune URSS : il a donné aux masses une nouvelle Histoire. Selon Iakhina, le prix payé par le réalisateur pour avoir percé le secret de l’art et connu la gloire est le même que celui du docteur Faust.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
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Il y a quelques jours, les Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, ont publié le roman que l’écrivaine russe Gouzel Iakhina consacre au célèbre réalisateur soviétique Sergueï Eisenstein. Les lecteurs francophones le découvriront dans la traduction de Maud Mabillard et dans sa version intégrale, avec le neuvième chapitre inédit en Russie.

En 2025, l’UNESCO a reconnu la valeur universelle du patrimoine de la célèbre voyageuse suisse Ella Maillart (1903–1997) et inscrit ses archives au registre Mémoire du monde. C’est à cet événement qu’est consacrée une exposition au musée lausannois Photo Elysée, où l’« accent russe » est bien présent.

Les Éditions de l’Université européenne de Saint-Pétersbourg viennent de publier un ouvrage du slaviste genevois Jean-Philippe Jaccard et de son collègue russe Andreï Oustinov, aujourd’hui installé à San Francisco : Vzir zaoumi. Daniil Harms et l’avant-garde littéraire russe des années 1920.