L’accent russe | Le blog de Nadia Sikorsky

Le deuil de Fédora, version genevoise
Le texte du conte en vers de Korneï Tchoukovski, mémorisé depuis l'enfance, n'a cessé de me revenir à l'esprit pendant que j’écoutais l'opéra Fedora d'Umberto Giordano au Grand Théâtre de Genève. Là aussi, il y a la fuite, la persécution, l’irresponsabilité de l’héroïne principale et de son repentir. Mais sans le final dramatique.
Le Panopticum russe, éternel
La maison d'édition genevoise La Baconnière présente la première traduction française d'une nouvelle d'Andreï Sobol écrite il y a presque pile cent ans et susceptible de devenir une découverte… y compris pour des lecteurs russophones avisés.
Où commence la patrie. Et où elle se termine
Ce 18 novembre, l'Université de Genève accueillera le journaliste russe Alexandre Arkhangelski à l’occasion de la présentation de son nouveau film documentaire, tourné en compagnie de Tatiana Sorokina. Détail qui vaut d’être rapporté : le 1er novembre 2024, le ministère de la Justice de la Fédération de Russie inscrivait le même Alexandre Arkhangelski au registre des agents étrangers.
Ne vivez pas avec des idiots !
Le 3 novembre, à l’opéra de Zurich, j’ai assisté à la première de Vivre avec un idiot (Leben mit einem Idioten), l'opéra d'Alfred Schnittke basé sur la nouvelle éponyme de Victor Erofeev, dans une mise en scène de Kirill Serebrennikov.
« Le silence n'est pas toujours un signe d'accord »  
Il y a deux semaines, lors de la réunion du Cercle russe de l'Université de Genève, Natalia Ivanova, une écrivaine russe de renom – critique littéraire, essayiste, docteur ès lettres, rédactrice en chef adjointe de la revue littéraire moscovite "Znamya" – a donné une conférence portant sur «La langue d'Ésope dans la littérature russe moderne».
Un hymne aux médecins
Une fois de plus, c'est la fête pour les amoureux de la littérature russe : les librairies de Suisse et de France reçoivent aujourd'hui même une nouvelle traduction française des Notes d'un médecin de Vikenti Veressaïev – la première depuis 1910 ! Elle est due aux éditions lausannoises Noir sur Blanc et à la traductrice Julie Bouvard.
Wilhelm/Guillaume Tell – un héros pour tous les temps ?
L'Opéra de Lausanne met en scène, pour la toute première fois, le chef-d'œuvre de Gioachino Rossini – un drame lyrique n’ayant, hélas, rien perdu de son actualité. Qui plus est : les interprètes qu’il y accueille débutent pour la plupart dans leur rôle et sur cette scène. Une réussite, à mon avis.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky a grandi à Moscou où elle a obtenu un master de journalisme et un doctorat en histoire à l’Université d’État de Moscou. Après 13 ans passés au sein de l’Unesco, à Paris puis à Genève, et avoir exercé les fonctions de directrice de la communication à la Croix-Verte internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle développe NashaGazeta.ch, premier quotidien russophone en ligne, lancé en 2007.

En 2022, elle s’est trouvée parmi celles et ceux qui, selon la rédaction du Temps, ont « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », figurant donc parmi les faiseurs d’opinion et leaders économiques, politiques, scientifiques et culturels : le Forum des 100.

Après 18 ans en charge de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de revenir à ses sources et de se concentrer sur ce qui la passionne vraiment : la culture dans toute sa diversité. Cette décision a pris la forme de ce blog culturel trilingue (russe, anglais, français) né au cœur de l’Europe – en Suisse, donc, son pays d’adoption, le pays qui se distingue par son multiculturalisme et son multilinguisme.

Nadia Sikorsky ne se présente pas comme une "voix russe", mais comme une voix d’Européenne d'origine russe au bénéfice de plus de 30 ans d’expérience professionnelle dans le monde culturel. Elle se positionne comme médiatrice culturelle entre les traditions russes et européennes ; le titre de sa chronique, "L'accent russe", capture cette essence – l’accent n’étant pas une barrière linguistique, ni un positionnement politique mais une empreinte culturelle distinctive dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

La Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, accueille une excellente exposition organisée par le musée Rodin de Paris, sous le patronage du président de la Confédération suisse, Guy Parmelin. Ne la manquez pas !

C'est ainsi que l'on entend aujourd'hui le nom de l'artiste María Sol Escobar (1930-2016), à qui le plus grand musée de Suisse consacre actuellement sa première rétrospective européenne. L'exposition est organisée en collaboration avec le Louisiana Museum of Modern Art, au Danemark, et le Buffalo AKG Art Museum, aux États-Unis.

Qui n’a jamais rêvé d’avoir un compte dans une banque suisse ? Pourtant, même parmi les heureux détenteurs d’un tel compte, peu savent comment ce petit pays alpin est devenu l’un des principaux centres financiers du monde. Les plus curieux trouveront actuellement au Musée national suisse de Zurich une exposition qui vaut le détour.