Peut-on écrire un roman sur Sergueï Eisenstein ? Et si oui, pourquoi et comment ? Pourquoi écrire sur lui alors qu’il existe des dizaines de biographies et d’études, que ses lettres, ses journaux, ses dessins et ses écrits théoriques ont été conservés, tout comme les souvenirs de ses contemporains ? Et comment écrire sur un homme qui a transformé sa propre vie en un film savamment monté ? Comment discerner l’être humain derrière tout le « matériau » laissé par Eisenstein ?
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Il serait superflu de présenter à mes lecteurs fidèles Sacha Filipenko, cet écrivain biélorusse dissident, récompensé par de nombreux prix littéraires, qui vit ces dernières années en Suisse.
J’ai passé hier soir dans un sous-sol. Un véritable sous-sol, situé au 71, boulevard de la Cluse. Ce lieu porte un nom officiel, « Le Terrier », et sur l’un des murs de sa minuscule salle se trouve le portrait du fondateur de l’établissement, le respectable Rat, M. Terrier. Oui, Paris n’est pas la seule ville à avoir son Ratatouille ! Les murs de deux autres pièces, où le public se rassemble avant d’être conduit dans la salle, sont couverts des noms des auteurs dont les œuvres sont lues ici à voix haute. Et cela depuis déjà vingt-six ans.
Cette question est au cœur du nouveau recueil d’essais de Mikhaïl Chichkine, Le Bateau de marbre blanc, paru récemment en français aux éditions lausannoises Éditions Noir sur Blanc et disponible dans les librairies de Suisse, France, Belgique et Canada.
Hegel affirmait que l'histoire se développe en spirale, chaque nouvelle spire dépassant les étapes précédentes, les enrichissant et incarnant un niveau plus élevé de conscience et de liberté. Si l'on peut contester la seconde partie de cette affirmation – nous voyons trop d'exemples où l'humanité dévale cette spirale vers le bas, comme sur un toboggan –, l'existence de certains « cercles » ne peut susciter de doute… même chez les personnes tenant des positions purement matérialistes.
Les lecteurs assidus de Nasha Gazeta connaissent bien Sergueï Lebedev, écrivain russophone vivant à Berlin. Il y a presque trois ans, j’ai publié une interview de lui à l'occasion de la sortie en français de son roman Le Débutant.
Dès aujourd'hui, Vis et souviens-toi, le roman de Valentin Raspoutine réédité par les Éditions Noir sur Blanc (Lausanne), est disponible dans les librairies de Suisse, de France, de Belgique et du Canada.
Les Éditions Noir sur Blanc ont publié récemment Zahhâk, le roi serpent de Vladimir Medvedev, traduit du russe par Emma Lavigne. Un roman qui peut sembler aussi exotique au lecteur russophone qu’au lecteur francophone. L’action de Zahhâk (paru en 2017 en Russie) se passe dans les années 1990, alors que la guerre civile fait rage au Tadjikistan. Bien que les événements décrits soient parfois terribles, il est impossible de lâcher ce livre captivant.
A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.
En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.
Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.
Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.
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