RAYON LIVRES

FEMEN. Avec la collaboration de Galia Ackerman. Editions Calmann-Lévy, 2013

« L’Ukraine n’est pas un bordel ! » Tel était, au moment de l’Euro 2012, le cri de guerre des Femen qui se firent remarquer dans le monde entier.

Inna, Sasha, Oksana, Anna sont quatre jeunes femmes ukrainiennes. Originaires de deux villes de provinces issues de familles ordinaires, elles se distinguent très tôt par leur volonté d’indépendance et le désir de ne pas gâcher leur vie, de ne pas sombrer dans la banalité sans espoir de l’Ukraine post-soviétique.

A partir de 2008, cette « bande des quatre » élabore un féminisme nouveau, radical, spectaculaire. C’est ainsi que naît Femen (« cuisse », en latin).  Seins nus et couronnées de fleurs, campées sur les talons aiguilles, elles transforment leurs corps frêles en instruments d’expression idéologique grâce aux slogans et dessins portés sur leur peau. L’humour, la mise en scène, le courage physique et leur capacité à choquer sont leurs armes.

En Ukraine d’abord, puis dans le monde entier, elles luttent pour la condition de la femme mais aussi contre la pauvreté, la discrimination, les dictatures, le diktat des religieux. En Italie, elles manifestent contre les agissements de Silvio Berlusconi en France, déguisées en soubrettes, contre Dominique Strauss-Kahn. Les filles escaladent des clochers et des ambassades, font irruption dans des studios de télévision et des bureaux de vote. Alors qu’elles se radicalisent au cours des années, elles font toute les quatre de la prison, sont poursuivies pour « hooliganisme » dans leur pays natal et sont interdites de séjour dans certains Etats. Mais grâce à une couverture médiatique extraordinaire, le mouvement fait des émules en France, en Allemagne et au Brésil. Le centre Femen France, nouvellement créé, se propose de former des activistes pour lancer d’autres actions de protestation dans le monde entier.

Ce livre raconte à quatre voix l’histoire de ces néo-féministes, leur incroyable épopée, leurs ambitions pour les femmes.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

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