RAYON LIVRES

Marina TSVETAEVA: Le Cahier rouge. Traduit du russe et annoté par Caroline Bérenger et Véronique Lossky. Editions des Syrtes, 2011.

Les inédits de Marina Tsvetaeva sont très rares. Le Cahier rouge est une première dans l’édition française et un inédit.

Grâce à ce cahier de brouillon va paraître non pas le QUOI de Tsvetaeva, mais son COMMENT, non pas le contenu de ses écrits, mais les préparatifs, son atelier d’artiste. Le manuscrit présenté ici, daté de 1932-1933, a appartenu à Marc Lvovitch Slonim (1897-1976). Marina Tsvetaeva, vivant alors en exil en France et sur le point de repartir en Russie, a confié certaines de ses archives à des amis proches.

Le Cahier rouge est un objet emblématique, parce que l’un des seuls témoins scripturaux laissés en France, pour une large part écrit en français, à destination d’un public francophone. On sait que Tsvetaeva est avant tout un auteur russe, on sait aussi qu’elle connaissait parfaitement sa langue d’exil, le français, et qu’elle l’a choisie pour une certaine partie de sa création, à partir des années 1930. Ce cahier de brouillon est une saisissante chronique poétique des années 1932-1933 dont le contenu est certes disparate, mais présente au lecteur les prémices d’œuvres majeures.

Ce Cahier rouge contient ainsi plusieurs textes. Le premier est l’essai Poésie épique et lyrique de la Russie contemporaine, réflexion sur l’art de Maïakovski et de Pasternak, et sur la relation du poète au pouvoir. Il comprend également deux versions de sa Lettre à l’Amazone, incursion dans une problématique très téméraire à l’époque. Ce texte était dédié à Natalie Clifford-Barney, une américaine qui tenait un salon de lesbiennes à Paris. Le saphisme est très présent dans l’œuvre de Tsvetaeva.
Enfin Le Cahier rouge rassemble les brouillons du Gars, un poème-conte que Tsvetaeva a composé en russe puis traduit en français.

Le Cahier rouge complète Les Carnets publiés en 2008. Tandis que le matériau autobiographique circonscrit la vie intime de Tsvetaeva, les brouillons nous ouvrent son laboratoire d’écriture. Cette publication s’inscrit dans un projet plus vaste des Éditions des Syrtes : mettre à la disposition du lecteur français l’ensemble de l’œuvre diaristique et épistolaire de Tsvetaeva.

Marina Tsvetaeva (1892-1941) est l'une des plus grandes poétesses russes du siècle dernier. Mariée à dix-neuf ans à Sergueï Efron qui fera le choix de l’Armée blanche après la révolution d’Octobre, elle prendra elle aussi le chemin de l’exil. En 1939, elle retourne en URSS, poussée par des circonstances familiales et personnelles pénibles et met fin à ses jours le 31 août 1941.


Déjà parus aux éditions des Syrtes : Lettres à Anna (2003), Lettres du grenier de Wilno (2004), Cet Été-là, correspondances avec Nicolas Gronski (2005), Correspondance avec Boris Pasternak (2005), Les Carnets (2008).

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

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