RAYON LIVRES

Yuri Andrukhovych: Perversion. Les Editions Noir sur Blanc

Roman traduit de l'ukrainien par Maria Malanchuk

« Mettez-moi les anges encore plus fort ! À plein tube ! »

Stanislav Perfetskyi, figure de l’underground ukrainien, poète et auteur de performances littéraires bruyantes et audacieuses, est invité dans un symposium international à Venise. Celui-ci porte sur « l’absurdité post-carnavalesque du monde ». En route pour l’Italie, il rencontre de mystérieux bohémiens qui le retiennent à Munich, goûte à toutes sortes d’alcools, s’adonne à sa passion pour la musique, et tombe amoureux d’une femme envoyée pour l’espionner.

Arrivé à bon port, Perfetskyi donne une conférence sur l’Ukraine et les Ukrainiens, puis il disparaît, laissant la fenêtre de sa chambre d’hôtel ouverte sur le Grand Canal. Que lui est-il arrivé ? Est-il possible que ce maître des masques, des dissimulations et autres « perversions », ait organisé sa propre disparition ? Comme dans Le Maître et Marguerite de Boulgakov, auquel le roman d’Andrukhovych fait écho dans un tourbillon de formes, de styles, de jeux de mots et de références littéraires, une chose est certaine : ce que l’on nomme la « réalité » disparaît dans les brumes, les aventures burlesques se succèdent à un rythme effréné sous l’œil étonné de la Sérénissime, et le surnaturel prend peu à peu le contrôle du monde.

Né en 1960 à Ivano-Frankivsk, en Ukraine occidentale, Yuri Andrukhovych est l’une des figures les plus populaires de la littérature ukrainienne contemporaine. Poète, essayiste, romancier, il a fondé le groupe de performances littéraires Bu-Ba-Bu (Burlesque-Balagan-Bouffonade). Ses romans sont traduits en russe, polonais, allemand, anglais, et en français aux Éditions Noir sur Blanc : Moscoviada (2007), Douze cercles (2009) et l’essai « Remix centre-européen », dans Mon Europe coécrit avec Andrzej Stasiuk (2004).

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Il y a quelques jours, les Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, ont publié le roman que l’écrivaine russe Gouzel Iakhina consacre au célèbre réalisateur soviétique Sergueï Eisenstein. Les lecteurs francophones le découvriront dans la traduction de Maud Mabillard et dans sa version intégrale, avec le neuvième chapitre inédit en Russie.

En 2025, l’UNESCO a reconnu la valeur universelle du patrimoine de la célèbre voyageuse suisse Ella Maillart (1903–1997) et inscrit ses archives au registre Mémoire du monde. C’est à cet événement qu’est consacrée une exposition au musée lausannois Photo Elysée, où l’« accent russe » est bien présent.

Les Éditions de l’Université européenne de Saint-Pétersbourg viennent de publier un ouvrage du slaviste genevois Jean-Philippe Jaccard et de son collègue russe Andreï Oustinov, aujourd’hui installé à San Francisco : Vzir zaoumi. Daniil Harms et l’avant-garde littéraire russe des années 1920.