RAYON LIVRES

Serhiy Jadan: L’Internat. Editions Noir sur Blanc, 2022, 272 pages • 22,50 Euros • 29 CHF

Traduit de l’ukrainien par Iryna Dmytrychyn

Dans le Donbass en guerre, en janvier 2015, un jeune prof décide d’aller chercher son neveu de 13 ans dans l’internat où il étudie, à l’autre bout de la ville. L’école, où l’adolescent a été parqué par sa mère, a été visée par des tirs et les élèves n’y sont plus en sécurité. L’homme met une journée entière à traverser la ville, devenue zone de guerre, et à atteindre l’établissement. Le retour à la maison est une véritable épreuve. Les deux protagonistes se retrouvent au milieu des combats, plongés dans un brouillard laiteux. Des troupes paramilitaires et des chiens errants traversent les ruines ; des hommes en état de choc, désorientés, titubent dans ce paysage urbain apocalyptique. La ligne de front se rapproche de plus en plus de la maison familiale…

Serhiy Jadan décrit avec force comment un lieu familier peut se transformer en quelques heures en un territoire étranger et menaçant. Ses personnages restent décidés, envers et contre tout, à lutter contre la peur et la destruction. Dans L’Internat, Jadan nous fait découvrir les prémices du conflit actuel en Ukraine.

Serhiy Jadan est né en 1974 dans la région de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine. Il est l’écrivain le plus populaire de la génération post-indépendance en Ukraine. Chanteur de rock, auteur de douze recueils de poèmes et de plusieurs romans, il a reçu de nombreux prix littéraires, notamment le prix Jan Michalski de littérature 2014 et le prix Brücke-Berlin 2014 pour La Route du Donbass (Noir sur Blanc, 2013), ainsi que le prix de la Foire du livre de Leipzig 2018 pour L’Internat. Il est également l’auteur de Anarchy in the UKR, suivi de Journal de Louhansk (Noir sur Blanc, 2016). Très engagé pour l’indépendance de son pays, Jadan vit aujourd’hui à Kharkiv. En 2022, il a reçu trois prix prestigieux : le Prix de la paix des libraires allemands, le Prix de littérature de la BERD et le prix Hannah-Arendt pour la pensée politique.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

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En 2025, l’UNESCO a reconnu la valeur universelle du patrimoine de la célèbre voyageuse suisse Ella Maillart (1903–1997) et inscrit ses archives au registre Mémoire du monde. C’est à cet événement qu’est consacrée une exposition au musée lausannois Photo Elysée, où l’« accent russe » est bien présent.

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