L’accent russe | Le blog de Nadia Sikorsky

Le sonneur d’alarme perpétuel

Les événements commémoratifs ou « à la mémoire de » sont souvent ennuyeux : pas toujours sincères, les éloges se succèdent et, pas toujours convaincant, le portrait d’un saint/d’une sainte nous est dévoilé.  Rien de tout ce rituel ne s’est déroulé à la Fondation Jan Michalski le 22 août.

Vivre dans le mensonge

Le Scène Vagabonde Festival présente les « Trahisons » d'Harold Pinter dans la mise en scène de Valentin Rossier. Ma première rencontre avec lui n’avait rien d’un coup de foudre – en 2010, j’avais peu apprécié sa version de « Platonov » d’Anton Tchekhov au Théâtre de Carouge. Néanmoins, attirée par le titre bien connu sur l’affiche, je suis allée au parc Trembley, où se déroule, jusqu’au 25 septembre, Le Scène Vagabonde Festival. Et je ne l’ai pas regretté.

Gouzel Iakhina et ses « enfants »

La parution aux Éditions Noir sur Blanc, à Lausanne, du roman Les Enfants de la Volga nous a donné l’occasion de nous entretenir une nouvelle fois avec la célèbre écrivaine russe, à qui nous avons posé treize questions. Traduit par Maud Mabillard, le livre sera disponible dans les librairies suisses dès demain, 19 août 2021.

Le roman de l’amour et de la peur

Rarissimes, ces dernières années, sont les livres qui m’ont autant impressionnée que « Zouleikha ouvre les yeux ». Je l’ai dévoré en 24 heures, je n’arrivais pas à le lâcher. Dès sa parution en Russie en 2015, ce premier roman de Gouzel Iakhina est devenu un best-seller.  Il a reçu tous les prix les plus prestigieux et a été même traduit en plus de trente langues.

Le sommet russo-américain à Genève : constructif mais sans illusions

Être accréditée au sommet russo-américain c’est « super cool », comme dit mon fils. Même si on ne s’attend pas à de grandes décisions – le refus de deux présidents de tenir une conférence de presse commune et de sortir un communiqué commun annonçait assez clairement la couleur. Je doute qu’on parlera encore de cette rencontre dans 35 ans, comme on parle de celle entre les présidents Gorbatchev et Reagan, en 1985.

« Désenchanté mais pas désespéré »

Prononcés par Amin Maalouf à l’ouverture du Festival Bibliotopia à la Fondation Jan Michalski, ces mots reflètent bien, à mon avis, le sentiment général des écrivains de diverses origines qui se sont réunis dans ce lieu magique pour un weekend littéraire.

Friedrich Dürrenmatt s’en va à l’Est

Dans la littérature russe on distingue deux périodes majeures : l’Âge d’or (celui du XIXe siècle, couvrant  à peu près l’œuvre  de Pouchkine à Tchekhov) et l’Âge d’argent – plus court, concernant surtout la poésie du premier tiers du XXe : Goumilev, Akhmatova, Tsvetaïeva, Mandelstam, Blok et tant d’autres… Étonnement, en Russie, alors qu’il y tant de « maisons-musées » vouées à divers écrivains, il n’y a pas de musée de la littérature de l’Âge d’argent,

Frédéric Pajak : « Servir le Verbe originel »

La cérémonie des remises des Prix suisses de littérature aurait dû avoir lieu aujourd’hui, à Soleure. Elle a été annulée pour des raisons que vous pouvez bien imaginer. Mais j’ai déjà prévu, bien en avance, une interview avec Frédéric Pajak, lauréat du Grand Prix suisse de littérature 2021 pour l’ensemble de son œuvre.

Ces manuscrits qui ne brûlent pas

Avant de devenir journaliste je voulais être actrice. Le programme que j’ai préparé pour l’examen d’entrée dans un prestigieuse école d’art dramatique à Moscou devait comprendre, en plus des fables et poèmes, un texte en prose. J’ai choisi la « Lettre d’une inconnue » de Stefan Zweig que j’ai apprise par cœur, 22 pages, en russe. Avant de passer l’examen officiel, mon grand-père m’avait organisé une audition chez une célèbre actrice. J’ai commencé à déclamer.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Le metteur en scène belge Pierre Massaux a adapté pour la scène le livre très remarqué de Giuliano da Empoli, qui propose au public occidental un portrait psychologique du président Poutine. Pour voir le résultat de mes propres yeux, je n’ai pas hésité à faire le voyage jusqu’à Saint-Gall.

Les 8 et 10 octobre, l’Orchestre de la Suisse Romande prendra des accents finlandais, dans son Victoria Hall genevois puis à Évian, en France. Ne manquez pas l’occasion d’entendre une musique qui, pour beaucoup, sera certainement une découverte.

Le 28 octobre, deux pianistes d’exception se produiront en duo à Genève dans le cadre de la série « Les Grands Interprètes » de l’agence Caecilia. Au fil d’œuvres bien connues se révèlent des liens inattendus, musicaux, littéraires et historiques.