RAYON LIVRES

Iouri Droujnikov: la seconde femme de Pouchkine. Traduit du russe par Lucile Nivat. Fayard, 2009.

Cet ouvrage a été publié sur la recommandation et avec la collaboration éditoriale de professeur Georges Nivat, bloggeur de Nasha Gazeta.

Pouchkine, "notre tout", selon la formule ritualisée russe, n'est pas le tout de l'oeuvre de Droujnikov, mais il y apparaît souvent. Le professeur Droujnikov était un pouchkiniste plutôt icoloclaste. Quant à cette fantaisie burlesque, elle fera grincer des dents les puristes. Quoi? Imaginer qu'une jeune femme détraquée sexuelle se fait fabriquer un Pouchkine de bois, avec tous ses attributs masculins (dont il n'était pas très fier), couche avec lui, et a même un fils de lui? Enfin, pas tout à fait, car pour l'engendrement, il a quand même fallu un "donneur"... Et comme Droujnikov adore entrelacer Russie et Amérique, et que son don d'observation est égal pour l'une et l'autre, le donneur sera un étudiant de Berkeley qui fait sa thèse sur "le féminisme de Pouchkine", tandis que la bénéficiare sera une des guides du Musée de la rue de quai Moïka, n° 12, à Saint-Pétersbourg, la dernière demeure du poète.

Moeurs soviétiques subsistant sous la "démocratie", ou tout est devenu vénal, moeurs californiennes ou d'habiles plaideuses peuvent déplumer un nigaud, puceau de surcroît - l'humour est vraiement au rendez-vous. Tout l'art d'un conteur-né est là: drôle à en pleurer. 

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
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