RAYON LIVRES

Andreï Kourkov : Journal d’une invasion, Editions Noir sur Blanc, 2023. 256 pages • 22 Euros • 29 CHF

Traduit de l’anglais par Johann Bihr

« Au début, nous ne comprenions pas ce que c’était que la guerre. »

Alors que les forces russes envahissent l’Ukraine et que la guerre devient une réalité dévastatrice, en février 2022, Andreï Kourkov tient une chronique au jour le jour. À la fois journal personnel et commentaire politique et historique, ce texte explore les relations entre l’histoire ukrainienne et l’histoire russe, mais aussi entre les deux langues du pays. En décrivant comment une société pacifique fait face à l’occupation, l’auteur nous montre une culture qui, contrairement aux affirmations de Poutine, est singulière et démocratique, libérale et diverse – une culture qui « résistera jusqu’à la fin ».
Avec son regard aiguisé sur les événements et son amour des gens, Kourkov dresse le portrait d’un peuple uni dans la lutte contre sa disparition. Le pain est cuit et partagé dans les ruines. Un homme amputé trouve une place dans un train d’évacuation, des grand-mères fuient les villes occupées avec leurs coqs sous le bras... Envers et contre tout, l’espoir reste le plus fort : des enfants naissent dans les caves, les fermiers cultivent leurs champs malgré les mines et les bombardements.

Dans son journal, Kourkov entrelace son histoire personnelle avec celle des autres Ukrainiens déplacés, et des communautés qui leur viennent en aide avec une générosité extraordinaire. Ensemble, ils attendent le moment où il sera possible de rentrer chez eux en sécurité.

Andreï Kourkov, né en 1961 dans la région de Leningrad, est un écrivain ukrainien d’expression russe. Après le succès planétaire du Pingouin (1996), il a publié de nombreux romans, qui se caractérisent par son regard acéré et ironique sur la vie dans les sociétés postsoviétiques. Il est également l’auteur de scénarios et d’un essai sur la révolution ukrainienne de 2013, Journal de Maïdan (2014). Son roman Les Abeilles grises a reçu le prix Médicis étranger en 2022.

Notre critique du livre est à lire ici.

L'interview d'Andreï Kourkov de 2016 est à lire ici.

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
Artices les plus lus

Le metteur en scène belge Pierre Massaux a adapté pour la scène le livre très remarqué de Giuliano da Empoli, qui propose au public occidental un portrait psychologique du président Poutine. Pour voir le résultat de mes propres yeux, je n’ai pas hésité à faire le voyage jusqu’à Saint-Gall.

Les 8 et 10 octobre, l’Orchestre de la Suisse Romande prendra des accents finlandais, dans son Victoria Hall genevois puis à Évian, en France. Ne manquez pas l’occasion d’entendre une musique qui, pour beaucoup, sera certainement une découverte.

Le 28 octobre, deux pianistes d’exception se produiront en duo à Genève dans le cadre de la série « Les Grands Interprètes » de l’agence Caecilia. Au fil d’œuvres bien connues se révèlent des liens inattendus, musicaux, littéraires et historiques.