RAYON LIVRES

Dmitri Bortnikov: Purgatoire. Editions Noir sur Blanc, 2022. 288 pages • 22,50 Euros • 27 CHF

Traduit du russe par Julie Bouvard

Troisième et dernier roman écrit en russe de Dmitri Bortnikov, Purgatoire narre une enfance âpre et solitaire au sud-est de la Russie européenne, dans la campagne de Samara des années 1980. Le jeune narrateur grandit entre deux ensorceleuses complices : une grande sœur abusive et une mère distante, elle-même ensorcelée par la Volga. Trois parties composent ce récit, qui sont trois moments de l’existence du narrateur : son enfance à la campagne, puis son adolescence à la ville, le temps d’études au lycée technique, enfin son retour au village, marqué par le basculement brutal d’une époque dans une autre. Ces trois parties ont la mort pour ligne directrice : morts humaines ou animales, qui culminent dans la disparition de la mère du héros, devenue folle après la noyade de sa fille.

Entre ces épisodes, coule la vie quotidienne, faite de moments qui sont autant de visions hallucinées : les extravagances de l’oncle, le fantôme d’un père absent, une expédition chez les Tsiganes de l’autre côté du fleuve… Si la tonalité est noire, on rit cependant beaucoup ; on rêve aussi, intensément, emportés par la puissance d’évocation de Dmitri Bortnikov, qui fait de chaque situation une « expérience limite ».

Dmitri Bortnikov, né à Samara en 1968, aime garder une part de mystère dans sa vie comme dans ses romans. Marqué dans son enfance par la figure puissante de son arrière-grand-mère, il a fait toutes sortes de métiers en URSS : cuisinier, aide-soignant dans une maternité, légionnaire... Ses ouvrages ont été unanimement salués par la critique et couronnés de prix littéraires : Le Syndrome de Fritz a reçu le Booker Prize russe et le prix du Best-seller national en 2002 ; sa traduction chez Noir sur Blanc a été récompensée par le prix Russophonie en 2011. Aujourd’hui, Dmitri Bortnikov vit à Paris et écrit en français (Furioso, 2008 ; Repas de morts, 2011 ; Face au Styx, 2017 ; L’Agneau des neiges, 2021).

A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
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