RAYON LIVRES

Alexeï Nikitine: Victory Park. Les Editions Noir sur Balnc, 2017

Traduit du russe par Anne-Marie Tatsis-Botton

Au milieu des années 1980, la ville de Kiev baigne dans une ambiance apocalyptique : c’est le règne du marasme et du « grand n’importe quoi » qui ont précédé l’effondrement de l’URSS. Les châtaigniers fleurissent dans le parc de la Victoire, où les vétérans de l’Afghanistan dealent du hasch tout en réparant les jeux pour enfants qui tombent en miettes. Les vendeurs du marché noir sont rançonnés par les flics, les affaires marchent mal… Un meurtre vient déstabiliser tout le système, remettre en question les vieilles alliances du parc de la rive gauche du Dniepr. Tout cela parce qu’un étudiant en littérature a voulu acheter une paire de baskets Puma à sa petite amie ? Avec un sens du détail remarquable, Alexeï Nikitine fait vivre sous nos yeux les infimes événements du quotidien, à la fois touchants et dérisoires, ainsi que les rouages du monde politique. Par ce regard dans le passé, et par le ton joyeusement inventif de l’écrivain, le lecteur découvre la société ukrainienne postsoviétique dans toute son absurdité.

Par moment terriblement prophétique, Nikitine dresse dans Victory Park un portrait de la ville de Kiev. Elle n’est pas seulement la ville qu’il connaît dans ses moindres recoins : c’est son paysage intérieur, qu’il rêve et qu’il réinvente.


Né en 1967 à Kiev, de langue russe, Alexeï Nikitine a étudié la physique, puis il a travaillé dans l’industrie du pétrole, du gaz et de l’énergie atomique. Il a collaboré au projet de sarcophage destiné à sécuriser la centrale de Tchernobyl. En 2002, il s’est tourné vers le journalisme. Auteur de nouvelles et de plusieurs romans, dont certains traduits en anglais et en italien, très populaire en Ukraine, il a reçu de nombreux prix littéraires. Victory Park, son premier roman publié en français, est entré dans les listes des grands prix russes National Bestseller et Rousskaïa Premia alors qu’il était encore à l’état de manuscrit. Alexeï Nikitine vit à Kiev.


A propos de l’auteur

Nadia Sikorsky

Nadia Sikorsky est née et a grandi à Moscou. Diplômée de la faculté de journalisme de l’Université d’État de Moscou, elle y a également poursuivi des études doctorales et obtenu un doctorat en histoire. Elle a travaillé pendant 13 ans à l’UNESCO, d’abord à Paris, puis à Genève. Après avoir occupé le poste de directrice de la communication de la Croix-Verte internationale, fondée par Mikhaïl Gorbatchev, elle crée en 2007 NashaGazeta.ch, le premier quotidien russophone en ligne de Suisse.

En 2022, Nadia Sikorsky a rejoint le Forum des 100 du Temps, qui réunit des personnalités ayant, selon la rédaction, « sensiblement contribué au succès de la Suisse romande », issues de la vie publique, économique, politique, scientifique et culturelle.

Après 18 ans à la tête de NashaGazeta.ch, Nadia Sikorsky a décidé de se consacrer à ce qui a toujours occupé une place particulière dans son travail de journaliste : la culture dans toute sa diversité. C’est ainsi qu’est né « L’Accent russe », un blog culturel trilingue en russe, français et anglais, au cœur de l’Europe, en Suisse, devenue sa seconde patrie et dont le multiculturalisme et le multilinguisme ont contribué à façonner le caractère de ce nouveau projet.

Au cœur du projet se trouve le regard d’une Européenne d’origine russe, forte de plus de 35 ans d’expérience professionnelle et d’une connaissance approfondie des deux traditions culturelles. Nadia Sikorsky conçoit son rôle comme celui d’une médiatrice entre ces deux cultures. Le titre du blog, « L’Accent russe », reflète cette idée : l’accent n’est ici ni une barrière linguistique ni un positionnement politique, mais une empreinte culturelle singulière dans le contexte européen.

L'AFFICHE
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